Mont Collon

En digne héritier de la peinture de paysage dont il devient spécialiste lors de sa formation à l’école de Düsseldorf, le Valaisan Raphaël Ritz, réalise cette œuvre avant de revenir définitivement en Valais. Touché par une affection pulmonaire, il effectue de nombreux retours au pays pour se soigner. De ses convalescences, il rapporte en Allemagne, principal foyer de diffusion de son art, de nombreuses esquisses d’après nature. L’artiste réalise ses œuvres dans son atelier et n’hésite pas à réutiliser ces motifs dans d’autres compositions.

Peintre de genre, paysagiste mais également alpiniste reconnu, Ritz nous livre dans ce tableau sa connaissance et son amour de la haute montagne. Ses peintures alpestres témoignent de son goût pour la découverte des sommets valaisans. Conscient de l’évolution du tourisme alpin de la fin du 19e siècle, il n’hésite pas à diffuser cette image sur le marché allemand et suisse allemand. Les montagnes qu’il affectionne tant sont pourtant chaque fois situées au deuxième plan d’une composition gracieuse et romantique, qui oppose la grandeur de la nature aux réalisations humaines. Mont Collon ne déroge pas à cette règle et offre un découpage de la composition par plans successifs. Le premier plan du tableau est occupé par deux petits mazots mitoyens, bordés de quelques arbres sur la gauche et d'un petit tronçon de chemin qui disparaît sur la droite. Les volets sont fermés et aucune présence humaine ne vient troubler ce décor alpin.

Les deux mazots s’inscrivent dans la continuité du paysage du deuxième plan, découvrant la montagne et le glacier sur le fond de la vallée. Sur la gauche, la pente créée par une forêt d’arolles et de mélèzes répond à l’inclinaison caillouteuse de la droite. La composition en V invite le regard du spectateur à se poser sur le trajet formé par le glacier d’Arolla, d’où surgit la face nord du Mont Collon. Même si celui-ci se trouve à l’arrière-plan, il reste cependant l’élément dominant du tableau. La perspective aérienne de la composition confère à ce paysage une dimension autonome où la nature est sublimée. La topographie exacte de la scène prouve que ce paysage alpestre, à mi-chemin entre une peinture romantique et un réalisme propre à la seconde moitié du 19e siècle, a été réalisé d’après nature. Ce réalisme est confirmé par la localisation de la peinture, inscrite dans la signature monogrammée de l’artiste en bas à gauche : « ЯR, Arolla 1 Aug ».

Considéré comme le passeur du sujet valaisan, Raphaël Ritz nous livre une œuvre dans la lignée des peintres de paysages valaisans, où se mélangent le sublime de la peinture alpestre et le pittoresque du genre rural. Avec Mont-Collon, il ne montre pas seulement la montagne, mais l’univers alpin propre à son canton, qu’il exporte et qui l’a rendu célèbre en Allemagne.

Raphael Ritz

Raphaël Ritz naît à Brigue le 17 janvier 1829. Son père Lorenz Justin est un peintre reconnu. Raphaël hésite entre la peinture et les sciences naturelles.

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